Le PLH, Programme Local de l’Habitat du Val de Somme (2/3)

Après avoir fait l’état des lieux en matière de logement sur le Val de Somme, les délégués communautaires ont placé au centre de leur réflexion la qualité des logements et leur adaptation aux besoins des différentes générations.
Immeuble

Forts de leur expérience autour de l’élaboration du premier PLH, ils ont fait évoluer pour ce deuxième PLH leurs choix politiques en matière d’habitat. Ce sont aujourd’hui les orientations relatives à la lutte contre le logement indigne et la précarité énergétique qui sont apparus prioritaires, ainsi que la réponse aux besoins des personnes âgées et des jeunes, plus que les orientations sur la quantité de logements à produire tel qu’ils l’affichaient dans le premier PLH. Cependant, certaines orientations non retenues à l’époque dans le PLH ont suscité un fort intérêt : la requalification des centres-villes, l’aide aux travaux des accédants dans l’ancien, la remise sur le marché de logements vacants.

1 • Les évolutions démographiques, les changements typologiques et les moyens des ménages sont porteurs d’enjeux significatifs en matière d’habitat

Il nous faut tenir compte d’indicateurs et de besoins perçus dans le diagnostic. Il faudra tenir compte de la poursuite de la croissance démographique du territoire depuis 50 ans, du profil des familles qui souhaitent s’y installer, du besoin de redynamiser le pôle majeur structurant, de la variété et des tailles de logements à produire, de l’adaptation au vieillissement, de la demande de nouveaux parcours résidentiels pour les ménages âgés, de l’ouverture de possibilités de parcours résidentiels pour les petits ménages et de la capacité à produire une part d’offre bon marché, y compris en accession.

2 • Le décalage entre l’offre de logements et les caractéristiques des ménages est également porteur d’enjeux forts pour le territoire                

Maison en construction

Les personnes âgées du Val de Somme qui vivent en autonomie chez elles, ont souvent de grands logements, peu pratiques, peu confortables, peu sécurisés et difficiles à entretenir.   Le Val de Somme doit être en mesure de proposer une offre adaptée au vieillissement en   autonomie avec des logements plus petits, de plain-pied pour réduire les situations de sous-occupation et rajeunir l’occupation du parc existant.  En général, les grands logements du territoire peuvent faire l’objet de solutions alternatives et créatives pour faire partie d’une nouvelle offre. Plus globalement, le manque de diversité de l’offre de logements en termes de statuts d’occupation, et la concentration géographique actuelle de l’offre locative pose la question de la fluidité des parcours résidentiels sur l’ensemble du territoire du Val de Somme.

L’amélioration de la qualité de vie des ménages du territoire est également une préoccupation

Il faut revoir les besoins des petits ménages qui aspirent à des logements adaptés à leur mode de vie. Des logements qui doivent aussi, avec des loyers modérés, éviter la fragilisation financière des ménages. Il nous faut aussi mener la lutte contre la précarité énergétique en incitant les propriétaires à faire des travaux d’isolation des logements pour permettre la baisse des charges des locataires en matière de chauffage. Les maires devront aussi travailler, en lien avec la communauté de communes sur la résorption des situations de logement indigne.

Les ressources des ménages sont à prendre en compte pour leur permettre d’accéder à d’autres types de logements, passer du locatif à l’accession à la propriété. Ainsi la diversification de l’offre est un enjeu pour le territoire

Il faudra tourner cette diversification vers les accédants modestes et moyens (y compris en sortie du parc HLM), les petits ménages (en locatif social et en promotion privée), les personnes âgées (en locatif social, en promotion privée, sur des produits innovants comme une offre intergénérationnelle par exemple),  les ménages dont les ressources sont inférieures à 60% des plafonds HLM, sont susceptibles d’être fragilisés par leur logement, d’où des enjeux liés au rapport qualité/ prix du parc existant, en particulier du locatif privé ancien.

La production neuve, consommatrice de foncier, pauvre en diversification et pouvant encore se densifier, génère également des enjeux

La production de logements neufs doit faire l’objet d’un meilleur encadrement du foncier par l’urbanisme réglementaire (amené par le PLUi), d’un recours plus fréquent à de la maîtrise foncière publique, à une mobilisation des friches et des dents creuses, d’un accompagnement des communes dans le montage d’opération aujourd’hui plus complexes.

La vacance, même si elle est encore “raisonnable”, doit être mieux prise en compte

Les logements vacants, qui représentent un potentiel de logements qui peut apporter plus de diversité dans l’offre, doivent se trouver en concurrence avec l’offre neuve. Ces logements vacants représentent la possibilité de faire venir de nouveaux habitants sur le territoire sans consommer de terres agricoles. Pour cela, des campagnes de sensibilisation et d’information auprès des propriétaires des logements vacants doivent être menées.

La lutte contre la cabanisation et sa portion de dérive vers de l’occupation précaire est un enjeu majeur pour le territoire, enjeu qui dépasse largement le cadre du PLH

Le problème de la cabanisation, habitations légères de loisir construites souvent à l’origine à proximité des lieux de pêche, n’est pas nouveau. Historiquement, ce sont des familles venant du Nord de la France pour des journées de pêche qui peu à peu ont aménagé des cabanes pour y laisser du matériel et qui, trouvant notre territoire accueillant, sont revenus pour des séjours de plus en plus longs et ont implanté illégalement des mobiles homes, petits préfabriqués et chalets pour devenir parfois des logements permanents. Ils sont éloignés des normes que l’on doit exiger d’un logement décent et autorisé ; habitations classées aujourd’hui dans la catégorie des habitats précaires.

La communauté de communes se doit d’accompagner les communes concernées vers la résorption de ce problème.  Il nous faut rechercher des propositions adaptées au relogement des ménages pour qui ces cabanes sont devenues au fil du temps des résidences principales.                  

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