Le PLH, Programme local de l’habitat du Val de Somme (1/3) : l’état des lieux

Le PLH concerne les 33 communes du Val de Somme. Dans un premier temps, un diagnostic a été effectué sur le fonctionnement du marché local du logement et sur les conditions d’habitat et de logement des habitants du territoire. Suite à ce diagnostic des orientations stratégiques ont été déterminées et un programme d’actions, détaillé et opérationnel, a été écrit pour répondre à ces orientations. Nous vous proposons pour ce dossier PLH une première partie sous forme d’un état des lieux du logement dans le Val de Somme. Dans les numéros suivants nous aborderons les enjeux puis le programme d’action.
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1 – De quels types de logements avons-nous besoin sur le territoire de notre communauté de communes ?

Après le long travail d’élaboration du PLUI, le Plan Local d’urbanisme Intercommunal, nous arrivons aujourd’hui à la phase de concrétisation de notre vision du territoire pour les décennies à venir. La qualité de l’habitat fait partie des éléments concrets qui peuvent décider des familles à poursuivre leur vie sur le Val de Somme ou à venir habiter dans l’une de nos 33 communes.

De quels logements avons-nous besoin dans le Val de Somme ? Comment offrir à nos habitants la possibilité de changer d’habitation selon leurs nécessités tout au long de leur vie tout en restant chez nous ? Comment mieux intégrer les maisons dans le paysage ? Comment travailler avec les promoteurs et les constructeurs pour un habitat de qualité ? Comment aider les habitants à devenir propriétaires tout en conservant un parc locatif important et varié ? Autant de questions qui ont pesé dans la réflexion des délégués communautaires lors de l’élaboration du PLH. Mais ce programme s’attache aussi à réduire l’habitat insalubre, à résorber la cabanisation, avec une ligne directrice claire et transparente : donner à tous la possibilité d’avoir accès à un logement adapté et décent. C’est un droit fondamental.

2 – Des secteurs avec des profils différents à prendre en considération

Un pôle majeur structurant : L’agglomération Corbie et Fouilloy forme (avec Albert et Doullens) l’un des 3 pôles majeurs du Pays du Grand Amiénois. Ce pôle a un poids démographique important et possède des activités économiques et des

équipements.

Un pôle intermédiaire structurant : Villers-Bretonneux est un des 7 pôles intermédiaires du pays du Grand amiénois. Ce pôle qui possède des équipements, des services et des entreprises structure un bassin de vie à dominante rurale.

4 communes de la couronne amiénoise : Bussy-Lès-Daours, Cachy, Gentelles, Lamotte-Brebière. On y trouve une fonction résidentielle dominante, une ­dépendance aux fonctions du pôle urbain d’Amiens.

4 pôles relais transport en commun : Daours, Heilly, Marcelcave, Méricourt-l’Abbé. Ces pôles relais sont caractérisés par une physionomie rurale mais comportent une fonction de transport en commun (gare).

22 communes rurales : A l’échelle du Grand Amiénois, les communes rurales ont accueilli la majorité de la croissance démographique au cours de la dernière décennie. L’enjeu est d’offrir les services dont cette population a besoin et de maîtriser la consommation foncière.

3 – Le Val de Somme a un profil original dans le Grand Amiénois par rapport à l’évolution de sa population mais le parc de logements doit être diversifié

Une augmentation constante de la population

En 2018, la population du Val de Somme était de 26 646 habitants pour 12 008 logements (89,8% de résidences principales, 3,1% de résidences secondaires et 7,1% de logements vacants). Ce qui signifie que depuis 1958, la croissance s’est avérée constante et en 50 ans le territoire a gagné 6500 habitants. La Communauté de Communes du Val de Somme est le seul territoire du Grand Amiénois à avoir connu un solde migratoire positif sur la période.

Des parcours résidentiels à réinventer

Dans une vie, du moment où l’on quitte le domicile de ses parents jusqu’à la fin de vie, nos besoins en logement sont différents. On passe du studio d’étudiant à la maison avec plusieurs chambres pour que chaque enfant ait son espace puis les besoins changent. La maison familiale, avec trop de charges, devient trop grande. On préfère avoir moins de terrain à entretenir. Encore faut-il que le parc de logements du territoire permette ces changements.

Une forte demande de logements permettant aux personnes âgées de vieillir à domicile

On observe sur le Val de Somme une forte tendance au vieillissement de la population. Depuis 1999 la strate des plus de 65 ans a augmenté de 1 200 personnes. Ce qui provoque une demande importante sur des logements de plain-pied situés dans les pôles structurants et les bourgs pour se rapprocher des services urbains.

4 – Les caractéristiques du parc de logement du Val de somme

Une majorité de logements individuels

Près de 90% des logements présents sur la Communauté de Communes sont en majorité des maisons individuelles. Les logements construits ces dernières années sont en très grande partie des pavillons. Ce manque de diversification entraîne une consommation foncière importante.

Des logements de grande taille

Le parc de logement était en 2015 essentiellement composé de biens de grande taille. Peu de logements ont moins de 3 pièces (6 %) et l’on passe à 22% seulement si on y ajoute les 3 pièces. Ce qui peut poser problème dans leur recherche aux jeunes habitants, aux personnes isolées de tout âge, aux familles monoparentales, aux personnes âgées.

Un parc de logements d’assez bonne qualité mais il reste des efforts à faire pour moderniser certains logements.

L’inconfort sanitaire est aujourd’hui à un niveau faible avec 3,1% des résidences principales. Selon l’INSEE il subsistait en 2016 encore un peu plus de 300 logements sans salle de bains. Le Parc Privé Potentiellement Indigne (PPPI) est assez faible lui aussi et grâce à de nouvelles lois les pouvoirs publics sont de plus en plus actifs en la matière.

Un parc de logements relativement ancien

L’analyse de l’année de construction des résidences principales montre le caractère assez ancien du parc de logements. En effet, 62,4% des résidences principales ont été construites en 1975. C’est un peu moins que le taux départemental qui est de 64,7%. Beaucoup de logements nécessitent aujourd’hui des travaux d’isolation devenus nécessaires avec l’augmentation des prix de l’énergie. Une étude du conseil régional réalisée en 2012 montrait que 18 % des ménages du Val de Somme étaient en précarité énergétique. C’est-à-dire qu’ils dépensaient plus de 10 % de leurs revenus dans l’énergie (chauffage et déplacements). Un chiffre plus élevé que dans la moyenne du Grand amiénois, même s’il demeure sous la moyenne régionale.

D’autres constats à prendre en compte dans le PLH

On note sur le territoire un affaiblissement de la construction neuve surtout dans les communes rurales.
Le nombre de logements vacants dans certaines communes interpelle les élus qui ont des outils pour inciter les propriétaires à les louer ou les vendre.
L’offre foncière est aujourd’hui régulée par le PPRI et il faut tenir compte de l’existence de foncier en renouvellement urbain (comme les friches industrielles) qui pourrait accueillir de nouveaux logements.

Le problème de la cabanisation
Une dérive de l’occupation de terrains de loisirs a engendré un habitat indigne. Cette cabanisation illégale touche plusieurs communes du Val de Somme.

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